Oui et non. D’entrée de jeu, une des lois non écrites du Web prétend qu’il n’y a rien de gratuit. Que ce soit Facebook, GMail ou les jeux en ligne, les entreprises qui les développent font de l’argent avec la « gratuité ». Par exemple, GMail propose des publicités texte selon le contenu des courriels que vous envoyez et recevez. Microsoft fait la même chose avec Windows Live Messenger (MSN), etc.
Un exemple plus d’actualité est le service bit.ly. D’apparence minimaliste, le site propose de raccourcir des liens Internet (URL) afin de les poster plus facilement sur des réseaux sociaux comme Twitter, Facebook etc. À première vue, il n’y a pas de modèle d’affaires viable avec ce genre de service, surtout offert gratuitement. Par contre, si des millions d’usagers utilisent le service quotidiennement afin de poster des liens qui les intéressent, ce service devient rien de moins qu’un énorme moteur de recherche en temps réel. Traduction : ils savent ce qui est « actuel » sur le Web maintenant! C’est d’une valeur inestimable…

Service bit.ly
Revenons à Facebook. Depuis les débuts du réseau, les revenus publicitaires traditionnels, c’est-à-dire via bannière ou mots-clés, se sont avérés assez décevants. Facebook a essayé d’innover avec un produit publicitaire novateur offert à des sites partenaires comme Amazon, BlockBuster, etc. Appelé « Beacon », le service permet aux sites partenaires de publier une « action » dans le « feed » du membre Facebook qui effectue un achat sur son site. Par exemple : J’achète des espadrilles Puma chez Zappos et par la suite (et sans mon consentement), Facebook publie un message du genre : « Jonathan à acheté « Puma XYZ » chez Zappos » dans mon « feed ». D’un point de vue marketing, c’est très efficace puisque mes contacts sont avisés du fait que j’ai réalisé cet achat, ce qui pourrait encourager un de mes contacts à me questionner sur ma satisfaction dans le but d’effectuer le même achat de son côté par la suite. Pouvoir s’adresser à un réseau de contacts à travers une personne « de confiance » est le fantasme de tout publicitaire qui se respecte.
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Exemple de publication avec « Beacon » – Source : Ryan Block (GDGT)
Le projet « Beacon » a évidemment déclenché un véritable tollé d’insatisfaction sur le Web dû à ses violations sur la vie privée. Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, à même du présenter des excuses pour la manière dont Facebook a agit dans le dossier Beacon. Le produit a été retiré peu de temps après.
Plus récemment, une rumeur à fait surface à l’effet que Facebook utiliserait des données privées (ex: nos photos) à des fins publicitaires. Le pot-aux-roses aurait été découvert par un homme qui a vue sa une photo de sa femme associée à une publicité d’un site de rencontre. On comprend l’étonnement mais lorsqu’on pousse l’investigation un peu plus loin, la culpabilité de Facebook dans ce dossier est moins flagrante…

Dans un billet publié sur le blog officiel de Facebook, Barry Schnitt, responsable de la sécurité chez Facebook, nie formellement qu’ils utilisent des données provenant des profils à des fins publicitaires tel que décrit dans la controverse. Par contre, Facebook souligne certaines « actions » que vous effectuez en ligne afin de les présenter à vos contacts. Par exemple, si je deviens « Fan » d’une personne X ou d’une marque Y, Facebook avertira contextuellement mes contacts, surtout si plusieurs personnes en commun effectuent cette action. Ce phénomène est d’autant plus possible si la page en question (ex: Madonna, Reebok, etc.) a payé pour une campagne publicitaire sur Facebook.

Exemple de publicité contextuelle légitime sur Facebook – Source : Facebook
Pour cette controverse, Facebook a conclu que la publicité provenait probablement d’une application tierce (les quizz, ca vous dit quelquechose???). En utilisant ainsi les données personnelles des usagers, les applications enfreignent les « Terms of Services » de Facebook et s’exposent à une expulsion du réseau.
Conclusion :
1. Évitez les applications tierces (comme les quizz…) sauf celles provenant de sources sûres
2. Assurez vous que vos paramètres de sécurité sur Facebook sont conformes à vos attentes
3. Ne répandez pas une rumeur sur Facebook (en la publiant sur votre « Wall ») avant de vérifier au préalable si elle est fondée…
